Les sapeur du Ciel

Cette illustration est née le 13 septembre 2017. En cette année du centenaire de Fatima, Notre-Dame apparaissait le 13 septembre 1917 aux petits voyants devant une foule nombreuse. La très Sainte Vierge rappela l’importance de la récitation du chapelet pour obtenir la fin de la guerre et promit qu’en octobre elle ferait un miracle: «pour que tous y croient». Durant cette apparition, des éclairs, des coups de tonnerre, un petit nuage, les branches du chêne vert légèrement ployés, les murmures alors que la sainte vierge parlait, des effets de lumière et une baisse de la température eurent lieu comme à la précédente apparition. Il y eut en plus un globe lumineux qui se déplaça, une nuée semblable aux effets de l’encens et une pluie de flocons disparaissant en arrivant au sol. Au début certains les prirent pour des colombes blanches. Enfin le nombre des assistants qui virent ces phénomènes fut réduit d’un tiers par rapport aux apparitions du 13 août.

L’œuvre a pris fin ce 17 septembre 2017. A cette date en 335 avait lieu la dédicace du Saint-Sépulcre. Plus proche de nous le 17 septembre 1792, dans la capitale souillée par les massacres de septembre, éclatait l’affaire du vol des joyaux de la couronne. Un an plus tard jour pour jour à la veille de la grande terreur, la loi des suspects était promulguée. Cette dernière permettait l’arrestation de ceux qui: « n’ayant rien fait contre la liberté, n’ont rien fait pour elle ». Par conséquent la plupart des gens étaient menacés. La loi sera abrogée après la chute de Robespierre.   

En France la transmission des informations représentait un besoin vital pour les forces armées. Les premiers télégraphistes engagés dans les conflits seront recrutés dans l’administration Chappe. Les anciens des guerres de Crimée seront en première ligne. Le télégraphe électrique prendra le relais du télégraphe optique. La téléphonie viendra par la suite.

 

 Bien avant la création de l’arme des Transmissions, c’est le génie qui avait la charge de former et de gérer les spécialistes de la téléphonie et de la télégraphie militaire. Lors de la Première Guerre mondiale le 8ème régiment du génie mettra sur pied des unités de sapeurs téléphonistes et télégraphistes. En 1875 l’administration avait déjà initié le projet mais le personnel n’était pas assez qualifié. La grande muette se chargera de parfaire la formation. En 1884 une école de télégraphie militaire s’installe dans la forteresse du Mont Valérien. Le site est choisi tout d’abord pour ses capacités en télégraphie optique. Le 24 juillet 1900 une loi transforme l’école en un bataillon de sapeurs télégraphistes de trois compagnies. Il relève du 5ème régiment du génie de Versailles. Ce dernier dès 1895 réunissait les personnels colombophiles et télégraphistes militaires.

En 1901 le bataillon prend la dénomination du 24ème bataillon du génie. Composé de neuf compagnies il sera stationné au Mont Valérien et à Rueil. Des détachements participeront à la campagne du Maroc.

La loi du 30 mars 1912 stipule que les unités de télégraphie militaires basées en métropole, seront regroupées au sein d’un seul régiment. Le 1er janvier 1913 au Mont Valérien, le 8ème régiment du génie reprend vie par cette directive et est placé sous les ordres du colonel Linder.

Sa principale mission sera de préparer la mobilisation. En 1914 il devra mettre sur pied 7000 hommes répartis en 73 détachements. En 1918 l’effectif du régiment s’élève à 55000 hommes dont 1000 officiers.

L’action des sapeurs télégraphistes sera héroïque. Ils dérouleront leur câble de liaison sous la mitraille et les obus. Progressant avec les vagues d’assaut jusqu’aux premières lignes. Lorsqu’un fil sera coupé il faudra ramper pour le réparer et lors d’un repli, ils récupèreront le matériel s’infiltrant dans le "no man’s land "dans les mêmes conditions que les poilus, arrosés de gaz toxiques.

La 38ème division d’infanterie s’illustrera lors des combats et obtiendra la croix de guerre avec palme le 13 novembre 1917. Deux nouvelles citations avec étoile de vermeil et palme s’ajouteront le 19 avril 1918 et le 12 janvier 1919. C’est à cette dernière date que ce détachement sera autorisé à porter la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre.

Les pertes du régiment seront énormes. Il comptera 1500 morts au champ d’honneur et 6000 blessés. Quinze mille recevront une citation individuelle. Quatre-vingt-quatre unités  une citation collective.

Si l’on considère l’étymologie du mot sapeur. Il dérive du latin "sappa" qui dans l’ancien français a donné le mot "hoyau" qui renvoie à la houe. Il se rapproche également de saper, dans le sens de détruire.

 Les sapeurs télégraphistes français intégrés dans l’arme du génie, faisaient corps avec leurs camarades dont la fonction pour certains était de saper les tranchées de l’ennemi. Ces unités spécialisées comptaient quelques mineurs de fond dans le civil. Leur spécialité était de creuser des galeries sous les tranchées adverses afin de les détruire par des chambres souterraines bourrées d’explosifs. Les télégraphistes quant à eux, formés au morse (qui est une véritable langue), devaient transmettre des messages divers. Bilan humain journalier, ordres de tir, demande d’appui aérien, déplacements stratégiques des attaques, demande de renforts, message du haut commandement, cessez le feu etc.…le tout dans une situation de combat extrême. Ayant moi-même été breveté dans cette discipline lors d’un court passage sous les armes, je peux d’autant mieux en parler. Ces hommes devaient pouvoir réceptionner à l’oreille sous le tir des batteries et autres réjouissances, des signaux aigus, presque inaudibles sur un champ de bataille brouillé par les mauvaises réceptions. Vous pouvez ajouter à cela la cadence de frappe des opérateurs sur leurs "manips" étant capables de balancer à des vitesses rapides plusieurs mots à la minute. Il fallait posséder une oreille et un sang froid d’exception pour des hommes jetés dans cet enfer, sur qui reposait une responsabilité énorme compte tenu de l’importance des communications dans ce terrible conflit que fut la Première Guerre mondiale

 Pourquoi ai-je représenté ce "manip ". Il se détache du fond rouge, couleur du sang d’où découle aussi bien la haine que l’amour. Le sang c’est la vie, le Christ en est l’exemple le plus haut. C’est par son sang qu’il sauva l’humanité. Il nous a laissé ces mots riches de sens, les plus grandes plume n’égaleront jamais la richesse et  la profondeur de son enseignement : "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jean 15) ajoutant : "Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande… ".

Le manipulateur dans ce contexte de guerre spirituelle et de guerres conventionnelles parle à chaque camp. Les sapeurs de la Croix comme les sapeurs du malin se renverront la balle en parlant de "manipulation" de la vérité. Pour nous-autres nous savons à quoi nous en tenir, notre Seigneur nous ayant laissé ses mots : "je suis le Chemin, la Vérité, et la Vie, nul ne vient au Père que par moi" (Jean14 :6). Tout le reste n’est que mort de l’âme et mène à la géhenne. Les écrivains catholiques l’ont démontré par le passé et le démontrent encore de nos jours avec clairvoyance.

Dans les tranchées de la vie, dans le chaos de notre siècle, où le mensonge, la vanité, en somme tous les péchés capitaux s’épanouissent. Les deux camps adverses se font face comme hier dans les plaines de France. Les techniques de communication n’ont jamais atteint ce niveau de diffusion et d’imprégnation des consciences. Toutes les valeurs ont été renversées tant sur le plan moral que religieux. L’inversion initiée par la révolution française est le fruit du grand manipulateur, la haine de Dieu le guidant.  

Notre petite équipée est bien frêle comparée au rouleau compresseur des Suppôts de satan. Les sapes, les barbelées, les tirs d’obus ont changé d’aspect mais font autant de victimes. Les sapeurs de la Croix font leur travail de ré information, contrant les attaques de l’ennemi alors que l’Eglise elle-même subit le feu et n’offre plus l’exemple de l’harmonie dans ses rangs.

A la tête de chaque armée il faut des chefs dignes de ce nom. Si le haut commandement défaille, cela se ressent jusqu’au plus humble soldat. Dans cette guerre tactique, le Christ est aux commandes et comme notre Dame de Fatima nous l’a confirmé : "à la fin mon cœur immaculé triomphera ".

Alors rassemblés comme hier autour de la Croix, le sacré cœur sur nos poitrines nous ferons preuve de courage à l’exemple de nos anciens. Admirez cet écusson des sapeurs télégraphistes de 1914, il nous va à merveille. Le "S "des sapeurs le "T" du Tau de Jésus et le "F "de la France brodés d’or sur fond bleu rappelant la famille capétienne et l’éclat des lys. Le tout protégé par les rayons ardents du Saint Esprit.

 

Nul ne sait ce que sera fait demain et si les pronostics montent en flèche, que la guerre fait rage, l’espérance reste un trésor que l’histoire sainte de France ne réprouvera pas. L’horreur a parcouru les siècles mais à la fin nous serons quoiqu’il arrive, unis dans les saints cœurs de Jésus et de Marie.

Tous droits réservés à Louis Chiren

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