La présence de Louis XVII

Cette illustration est née le 2 février 2017 en la fête de la présentation de notre Seigneur. Elle a repris le quatre février en la fête de sainte Véronique qui ramena le voile de la Sainte Face à Rome, pour se terminer ce 5 février 2017.

L’œuvre vous présente une borne kilométrique royale, une montre à gousset et une clé.

Coco était le nom d’un épagneul nain papillon qui a été un temps le compagnon d’infortune du jeune prince Louis Charles de France à la prison du temple. Depuis tout petit il avait peur des chiens. Sa mère de ce fait avait essayé d’ôter cette peur. La mort de son frère aîné Louis-Joseph le quatre juin 1789 en fera le dauphin de France. Il se prendra d’affection pour le chien de ce dernier, Moufflet, combattant ainsi sa phobie enfantine.

Une anecdote tirée du livre "l’ange des prisons" par Regnault De Warin paru en 1817 chez Delaunay nous livre la haute élévation d’esprit et de cœur du petit roi sacrifié.

À la page 175 nous pouvons lire :

"Le roi, pour encourager les dispositions aimantes de son fils, en cherchant à développer en lui les forces du corps, en même temps que les qualités de l’esprit, lui consacra spécialement un petit terrain dans le parc près de la terrasse du château. On lui donna une jolie bêche, un râteau, des arrosoirs et tous les instruments nécessaires au jardinage ; et le jeune prince passait là les moments de loisir que lui laissait l’intervalle de ses leçons. Quel bonheur pour lui, quand il voyait éclore la rose qu’il avait soignée ! Avec quelle joie il l’apportait à sa chère maman ! Ses bouquets de chaque matin lui paraissaient bien plus jolis depuis qu’il prenait soin de cultiver lui-même les fleurs dont-il les composait. Un seigneur de la cour, le voyant un jour bêcher son jardinet avec tant d’ardeur, que les gouttes de sueur lui découlaient du front lui dit : Parbleu, monseigneur, vous êtes bien bon de vous fatiguer ainsi, que ne parlez-vous ? Un jardinier vous fera cette besogne d’un tour de main.

 -Cela se peut, répliqua l’enfant, mais ces fleurs, je veux les faire croître moi-même. Elles seraient moins agréables à maman, si elles étaient cultivées par un autre".

Quelle élévation de cœur pour ce petit roi en puissance. Que rajouter à cela si ce n’est que l’ignominie du procès de Marie-Antoinette dont les révolutionnaires s’évertuèrent à  avilir la réputation en se servant du petit prince, montre son véritable visage.

Nous pouvons lire plus loin dans cet ouvrage au sujet du dauphin Louis-Charles et de son chien moufflet.

"Par une injustice aussi ridicule qu’inconcevable, lorsque les enfants des princes commettent quelques fautes, ce n’est pas eux que l’on punit directement. Le dauphin était à la promenade depuis un long espace de temps et c’était l’heure de l’étude. Son précepteur lui dit de rentrer. Au lieu d’obéir, il demanda l’heure à un page. S’étant saisi de la montre, il la jeta aussitôt dans un bassin rempli d’eau ; puis il se mit à rire et de son espièglerie et de l’embarras du pauvre page à qui il répéta plusieurs fois : Oh ! Je t’assure, mon cher Darmincourt, qu’elle boit un bon coup à présent.

De retour au château, le faible mentor, au lieu de punir son élève, mit sottement Moufflet en pénitence à sa place. C’était un joli petit chien qui avait appartenu au feu dauphin, son frère. Mouflet, fort étonné du traitement, se mit à grogner et gratta contre la porte d’une manière très importune. Il fut question de fouetter Moufflet. Quoi donc ! observa le jeune prince dans la rectitude de son cœur, ce n’est pas Moufflet qui a fait le mal ; ce n’est pas Moufflet non plus qu’il faut punir. Cela dit le dauphin pria en grâce qu’on délivrât son chien et il le fut sur-le-champ. S’étant pour lors mis aux arrêts à la place de Moufflet, il y resta deux grandes heures de son plein gré. Voulant ensuite réparer le dommage qu’il avait fait en jetant la montre dans l’eau, il alla donner au jeune page la sienne qui était plus belle et plus riche ; de sorte que celui-ci en eut deux car il avait déjà fait repêcher celle qu’il avait perdue.

Que ne devait-on pas espérer d’un enfant susceptible de tant de raison et de justice et cela dans un rang où quelquefois l’on se croit tout permis !".

Voilà donc ce futur Louis XVII réduit au silence par la suite à la prison du temple avec sa famille. N’avait-il pas en germe tous les atouts de probité, de courage, d’abnégation, de justice, d’esprit de repentir tout en étant un enfant de son âge, espiègle et joueur.

Louis XVI lui fit promettre au moment de se présenter à son bourreau qu’il ne se vengea point de sa mort. Entendons-nous en ce moment de tels élans de noblesse et de grandeur ? Sommes-nous en présence d’hommes justes, honnêtes prêts à reconnaître leurs erreurs et à s’abaisser s’il le fallait pour réparer un tort ? D’hommes voulus par Dieu pour diriger ce peuple de France afin de l’élever sans l’enchainer et l’entrainer vers l’abîme en le pressurant de toute part ?

La passion de Louis XVI comme chacun le sait était la serrurerie.

Écoutons les historiens de l’époque en parler :

"Le roi aimait beaucoup la mécanique, et son ouvrage de récréation était la serrurerie. Le corps des serruriers de Versailles vint, dans cette occasion, lui faire hommage de ce qu'on appelle un chef-d'œuvre. C'était une serrure à secret. Le roi voulut qu'on le laissât trouver le secret à lui seul. Il le trouva en effet ; mais dans l'instant où il fit jouer le ressort, il s'élança du milieu de la serrure un dauphin d'acier admirablement travaillé. Le roi fut enchanté. Il disait, en riant et en pleurant tout à la fois, que le cadeau de ces bonnes gens lui faisait un plaisir extrême, et il leur donna lui-même une large gratification".

La fin de règne du monarque fut marquée par l’affaire de l’armoire de fer ou la trahison du serrurier François Gamain.

Au début de la révolution, Louis XVI ressentit la nécessité d’avoir un lieu sûr où il pourrait déposer des documents importants.

Il s’adressa à François Gamain gardien de l’atelier et du laboratoire du roi à Versailles pour lui faire construire la célèbre armoire de fer.

Elle avait été pratiquée dans l’épaisseur d’un mur près de la chambre du roi. La porte en tôle était recouverte d’une couche de peinture imitant la pierre, l’ouverture de la serrure se trouvait dissimulée dans les rayures de la pierre. Il était impossible de trouver cette cachette.

Malheureusement François Gamain qui n’avait ni éthique ni loyauté, vendit l’ensemble des œuvres dont-il avait la garde mais en sus il révéla la cachette qui du reste ne possédait pas une serrure de sûreté mais une simple qui ne fut pas difficile à forcer.

Pour ce qui est de la borne kilométrique sur cette illustration, rappelons l’historique de ces dernières.

Les bornes royales virent le jour dans les années 1745 sous le règne de Louis XV. Elles mesuraient un mètre trente de hauteur et étaient ornées d’une fleur de Lys en bas-relief. Elles furent placées sur les routes royales et notamment la route vers Esternay sur laquelle encore aujourd’hui il subsiste vingt deux bornes.

Elles étaient implantées toutes les mille toises, soit une demi-lieue. Elles portent un nombre qui indique la distance en milliers de toises depuis le point d’origine situé sur le parvis de Notre-Dame de Paris.

Cette borne, chers amis est un jalon. L’histoire sainte de France s’est arrêtée le 21 janvier 1793 à dix heures vingt deux, place Louis XV, lorsque le chef du roi Louis XVI est tombé dans le panier de ses bourreaux.

L’histoire secrète du royaume de France allait alors commencer. Cette dernière par la volonté de Dieu serait contrôlée par le Ciel qui comme la montre du petit dauphin prisonnier du temple en maitrise la durée. Ce temps est long aux yeux des hommes mais il n’est rien à l’échelle des siècles. La passion de Louis XVI pour les serrures n’est pas anodine, lui qui en avait appris les secrets cachés pouvait-il penser à ce moment-là que sa lignée serait empêchée de régner pour un long moment et que le sceau du secret couvrirait pour longtemps les incohérences de cette histoire.

Le Ciel a les clés de cette dernière et le Christ Roi peut seul en ouvrir la serrure. La France qui n’a jamais été à ce point de décadence et d’incertitude, paye il n’en peut-être autrement ses écarts si nombreux à la vocation qui fut la sienne. Ce bon Louis XVI dans son testament rédigé le vingt-cinq décembre 1792 (ce qui ne s’invente pas) nous livrait son âme, son cœur, sa foi. Ce sont les lignes d’un grand homme, d’un roi dévoilé dans toute sa beauté pour l’amour de son peuple, pour son royaume pour sa famille. Bien qu’il ait demandé au Ciel d’épargner la France, Dieu est seul juge et sa colère doit être très élevée.

L’amour du petit Louis XVII pour ce petit coco, suite aux souffrances immenses qu’un enfant de son âge avait subies est conforme à la pureté naturelle. Ce n’est pas pour rien que le Christ disait : "laissez venir à moi les petits enfants". L’enfant n’a pas le degré de corruption, de calcul, de haine, d’égoïsme de rancœur de vaine gloire qu’ont les adultes. Quand on pense à la haine révolutionnaire aux humiliations si nombreuses envers sa mère, elle que l’on affublait du nom "d’autre chienne" de "la louve" et lui le petit Louis de "chien", comment ne pouvait-il pas sortir de tout cela brisé, meurtri à tout jamais à l’instar de sa sœur.

Dans l’attente de la divine surprise en ce temps de chaos révolutionnaire où les usurpateurs succèdent à ceux d’hier. Pensons à cette borne fleurdelisée reliée à la Sainte Vierge Marie puisque à Notre-Dame, à cette jolie montre du petit Louis XVII dont les dauphins reprennent ceux de sa petite calèche à Versailles.

Pensons à ce petit chien, un épagneul nain papillon qui nous rappelle par ce dernier mot, le papillon grand monarque. Au chiffre vingt deux de cette borne royale, marque du temps qui passe mais qui pourrait bien indiquer le chiffre de celui qui viendra, la vingt-deuxième lettre de l’alphabet étant le V comme celui de la Victoire promise.

Tous droits réservés à Louis Chiren

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now